La traçabilité numérique, nouvelle vitamine de la filière Fruits et Légumes Frais

Selon une étude de CSA RESEARCH* publiée en 2016, la fraîcheur est le critère le plus important dans le choix des fruits et légumes pour les consommateurs français loin devant  la qualité, le prix, l’origine et le goût. Pour satisfaire cette attente très forte du marché, les acteurs de la filière intensifient leur collaboration au sein d’INTERFEL en s’appuyant sur l’expertise de GS1 France pour optimiser leurs pratiques et organisations logistiques.

« Très tendue », c’est généralement en ces mots que les professionnels caractérisent la chaîne d’approvisionnement des fruits et légumes frais. Pour en prendre pleinement conscience, partageons un peu le quotidien des professionnels : entre 11h30 et 13h, 90% des commandes passées par les clients sont traitées par les expéditeurs (dont 35% seront modifiées en moyenne dans ce laps de temps) ; de 13h à 21h, ces derniers orchestrent les opérations de ramasse, d’expédition et de chargement avec les transporteurs afin de livrer les clients partout en France, avant 9h le lendemain.

Derrière la réactivité des partenaires commerciaux se cache en réalité un besoin collectif de parler le même langage pour accroître la performance des entreprises et simplifier la gestion des flux. Ce besoin de s’interconnecter pour communiquer efficacement amène aujourd’hui les entreprises à repenser leurs organisations logistiques.

Des acteurs de la filière ont co-conçu dans ce but des recommandations internationales standardisées avec GS1 France pour codifier un produit, suivre une palette, s’échanger une commande... La filière a harmonisé ses bonnes pratiques, communes à tous, pour identifier les produits et partager des informations associées, de la commande à l’avis de paiement.
Des solutions numériques standardisées intégrant ces bonnes pratiques sont développées pour aider les entreprises à automatiser les opérations administratives et logistiques, réduire les tâches chronophages et répondre aux exigences de traçabilité.

A travers les témoignages de l’expéditeur COTOFRUIT et du distributeur SCACHAP LECLERC, découvrez les enjeux de la traçabilité numérique des fruits et légumes frais pour ces partenaires.

La traçabilité numérique : un enjeu collectif pour la filière Fruits et Légumes Frais

Aujourd’hui, la commercialisation des fruits et légumes frais entre fournisseurs et distributeurs suppose de plus en plus de rigueur dans le processus d’approvisionnement.
L’efficacité et la traçabilité sont les deux principales exigences des clients de la distribution.
Pour Florent Pradeau, acheteur fruits et légumes de LECLERC SCACHAP, « la qualité et la diffusion de l’information tout au long de la chaîne sont des enjeux majeurs. Nous voulons réduire au maximum la gestion administrative des opérations manuelles (saisie, ressaisie, risque d’erreur) ».

Trieur automatisé

Par ailleurs, suite à l’entrée en vigueur du Règlement (CE) n° 178/2002 sur la traçabilité alimentaire en 2005, LECLERC SCACHAP a besoin de « mettre à jour sa base d’informations de traçabilité afin de suivre la vie du produit de la réception en plateforme logistique jusqu’aux magasins ». Le pilotage de l’activité de cette centrale  étant informatisé et robotisé, la transmission d’informations de traçabilité fiables par les expéditeurs est devenue essentielle.

Comme le précise Jean-Guy Martinaud, gérant de l’entreprise COTOFRUIT : « Tous les opérateurs, quelle que soit la taille de leur entreprise, partagent les mêmes problématiques de traçabilité. Chaque fournisseur doit pouvoir apporter des preuves de la maitrise de ses pratiques à son client pour valoriser son travail. La traçabilité numérique est donc un enjeu collectif pour les acteurs de la filière. »
Depuis 2000, l’entreprise COTOFRUIT a mis en place « un système de traçabilité du verger aux expéditions basé sur une gestion de lots. Ce système permet d’échanger des précisions sur l’origine et les spécificités de stockage et de conservation des différents produits. Nous expédions des fruits fragiles, dont des kiwis, pour lesquels les opérations logistiques doivent être particulièrement délicates. Notre système de traçabilité nous permet aussi de mieux réagir face aux non-conformités de marchandises en identifiant rapidement le lot concerné, de remonter à la source de l’écart et de pouvoir mesurer les impacts éventuels sur les commandes en cours et à venir ».

Les standards GS1 : un prérequis aux échanges commerciaux en France et à l’international

Pour Florent Pradeau, « la rigueur que nous demandons à nos fournisseurs et que nous avons instaurée en interne doit nous permettre de progresser ensemble. Le prérequis à nos échanges commerciaux repose sur une identification unique des produits livrés avec des codes GTIN (Global Trade Item Number), des palettes avec des codes de traçabilité SSCC (Serial Shipping Container Code) complétés des numéros de lot et des DLC marqués en code à barres sur les étiquettes logistiques.

Unité consommateur

Dans le cadre de notre démarche qualité, ces informations sont indispensables à notre service Qualité qui pourra, en cas de retrait, identifier tout de suite où se trouve le produit et en quelle quantité ». LECLERC SCACHAP s’est également équipé d’un lecteur d’étiquettes logistiques afin de contrôler à réception les informations sur les produits livrés.

Marie jo Plisson, dans sa mission EDI à LECLERC SCACHAP ajoute que la traçabilité est le fruit d’un travail collectif en interne avec le service commercial Fruits & Légumes Frais, les services EDI et Logistique mais également avec ses fournisseurs : « nous nous sommes engagés dans un accompagnement vraiment ciblé de nos fournisseurs sur l’activité Fruits & Légumes Frais pour les aider à partager avec nous des commandes et des bons de livraison en EDI ».

Comme l’explique M. Martinaud, l’entreprise COTOFRUIT a mis en œuvre ces bonnes pratiques GS1 avec plusieurs de ses clients comme LECLERC SCACHAP pour rationaliser ses pratiques quotidiennes.
La codification GS1 est la condition essentielle à l’usage de l’EDI « par le biais d’un prestataire de service informatique  » qui permet aux acteurs de s’échanger des documents commerciaux : « le traitement d’une commande en EDI peut être réalisé en 5 minutes ».

Source de fiabilité et de simplicité administrative, M. Martinaud ajoute que « l’EDI apporte un historique des informations sur les expéditions consultable à tout moment » permettant une traçabilité plus précise aux clients et aux consommateurs et une amélioration continue de la démarche qualité de l’entreprise.  
En couplant l’usage d’un bon de livraison transmis en EDI à l’étiquette logistique lu par le client à la réception, « cela va lui donner toute l’identité de la palette ».
Sur ce point, LECLERC SCACHAP rappelle sa collaboration avec GS1 France pour sensibiliser et former les expéditeurs aux bonnes pratiques de codification et de marquage des informations sur les étiquettes logistiques conformes aux recommandations GS1.

Palette avec des kiwis

La logistique collaborative : une démarche globale d’amélioration de la filière

Selon COTOFRUIT, « pour aller plus loin dans une démarche qualité, il sera rapidement important d’associer les partenaires de transport qui ont également leurs propres contraintes que nous ne connaissons pas précisément. Les retards engendrés par les expéditeurs ou les aléas de la route sont parfois des sources de tension avec le client qui ne peut réagir n’ayant pas d’information sur le niveau de retards alors que parfois, dans des conditions extrêmes, nous pourrions nous-mêmes lui apporter une solution rapide ».

Marie jo Plisson insiste sur le préalable à l’optimisation logistique collaborative : « la codification des articles par un code GTIN est un prérequis qui facilite la reconnaissance des produits dès la prise de commande. Aujourd’hui, le besoin métier de la filière est de tracer les marchandises dans le but de valoriser les produits et les services auprès des clients, il nous a été demandé de collaborer sur un projet logistique de traçabilité palette « EXPRIMIS ». Ainsi les palettes de fruits et légumes frais sont tracées depuis le départ expéditeur, durant l’acheminement par les transporteurs et ce jusqu'à l'arrivée en centrale. Ce service numérique apporte des informations sur la localisation des palettes en temps réel, une sécurisation sur les marchandises, une anticipation des retards pour prévenir les clients… et enfin, un gain de productivité pour tous les acteurs de la chaine logistique. Cette plateforme collaborative est un beau projet s’inscrivant dans une démarche globale d’amélioration de la filière fruits et légumes frais ».
 
GS1 France remercie ses adhérents COTOFRUIT et LECLERC SCACHAP pour leurs témoignages.

Pour consulter les bonnes pratiques d’identification et de traçabilité des fruits et légumes frais, téléchargez le guide GS1 France "Optimiser la chaîne d’approvisionnement Fruits et Légumes frais et Pommes de Terre".
Pour toute question (adhésion, codification, contrôle de codes à barres, EDI), veuillez contacter Coraline CHEVILLON, Category Manager Produits Frais Traditionnels de GS1 France.

*étude financée par FranceAgriMer « PRATIQUES ET HABITUDES DE CONSOMMATION DE FRUITS ET LÉGUMES ». Copyright Photos : LECLERC SCACHAP et COTOFRUIT.