GS1 France et l’économie circulaire

Par François Deprey, Président Exécutif de GS1 France
L’Université d’été est l’occasion pour GS1 France de prendre un temps de réflexion. Une respiration propice, chaque fin d’été, pour aborder collectivement des sujets d’actualité. Parmi ces sujets qui alimentent bon nombre de débats aujourd’hui, celui autour de l’économie circulaire suscite de multiples questionnements. Comment consommer différemment dans un monde qui ne cesse de se développer ? Comment exploiter moins de ressources pour nourrir et subvenir aux besoins d’une population mondiale qui ne cesse de croître ? Comment les entreprises vont faire face à ces nouveaux défis ?

Pour sa 14e édition, GS1 France a donc souhaité s’interroger sur le rôle qu’occupe, dès aujourd’hui et vraisemblablement davantage dans les années à venir, l’économie circulaire. Cette voie va conduire les entreprises à revoir leurs indicateurs, leurs objectifs et à terme, leurs modèles.
De notre point de vue, mettre en place une économie circulaire en mode « propriétaire », c’est à dire sans collaboration, sans échange et sans un écosystème fondé sur des règles communes, est illusoire: il faut du travail collectif pour s’accorder sur des référentiels communs : c’est ce besoin de standards qui explique pourquoi GS1 doit s’y intéresser.
Pour un sujet aussi vaste que l’économie circulaire, nous avons choisi de nous attarder sur le rôle que la donnée doit y jouer. Car aujourd’hui un constat s’opère :

  • D’un côté, nous avons à notre disposition un monde fini : la terre et ses ressources, limitées. La prise de conscience est relativement lente, en comparaison à l’exploitation toujours plus importante et rapide que nous faisons de nos ressources. De nombreuses alertes sont lancées mais nous sommes pris entre deux postures : l’une « dépressive », qui conduirait à la décroissance, et l’autre très risquée, voire suicidaire pour certains, qui serait de poursuivre la croissance à tout prix (technologique principalement) et qui pourrait faire croire que l’on va s’en sortir uniquement grâce à l’innovation.
  • De l’autre, il y a un monde infini, celui de la donnée. Il semble fonctionner presque à l’opposé des ressources physiques épuisables. Si la donnée est bien exploitée, partagée et échangée, elle représente une source infinie de connaissance et d’indicateurs pouvant aider à prendre les bonnes décisions, collectivement.

Mais ne prendre la question de la donnée, et à travers elle celle de la connaissance, que sous l’angle technologique, dans une logique « propriétaire », serait, selon nous, reproduire le scénario catastrophe que nous prédisent bon nombre de spécialistes.
Voilà pourquoi, si l’économie circulaire est une réponse possiblement médiane, et probablement une des plus intéressantes, la donnée est définitivement un outil qui doit et peut aider… si, et seulement si, elle circule aussi !
On a tous intérêt à parler le même langage.

GS1 UE19 VF