Standards GS1: une utilisation loin d’être généralisée à l’ensemble des établissements de santé

Standards : Codification / Identification

  • Monday 16 February 2009
  • Types de documents : Communiqués de presse
  • Secteurs d'activités : Santé
  • Enjeux : Conférences / Evénements

PARIS, 16 février (TICsanté) - La mise en place d’applications en santé des standards Glogal Service (GS1) répond, selon ses promoteurs, à la volonté de ne pas confondre les produits de santé et d’éviter ainsi les erreurs pour assurer une sécurité optimale au patient. Les établissements de santé ainsi que les fournisseurs s’y intéressent, mais l’évolution reste lente. Précisions pour TICsanté de Valérie Marchand, responsable du secteur non alimentaire chez GS1 France.

 

GS1 France est une organisation mondiale à but non lucratif, qui développe un ensemble de solutions standardisées utilisables par les industriels et les hospitaliers, afin de faciliter et de sécuriser les échanges d’informations, explique Valérie Marchand. Les standards GS1 concernent la codification des produits, des services et des lieux, l'identification automatique (codes barres et étiquettes radiofréquence), les langages de communication entre ordinateurs, ainsi que la classification et la synchronisation des données, énumère-t-elle. Ils sont le résultat de la fusion de deux standards, l'European Article Numbering (EAN) et le United Code Council (UCC, américain), ce dernier étant utilisé notamment par le géant de la grande distribution Wal-Mart.
L’objectif est d’éviter les erreurs d’administration de médicaments et d’assurer la traçabilité des produits, affirme Valérie Marchand, tout en faisant référence au décès du petit Ilyes survenu en décembre 2008 à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP), à la suite d’une erreur de produit dans l'administration d'une perfusion. L’utilisation des standards GS1 permet à différents niveaux d’identifier le produit et d’établir des procédures de traçabilité, ce qui, dans le cas dramatique évoqué, aurait bloqué le produit.
Interrogée par l’APM en septembre 2006, Valérie Marchand avait estimé que dans les deux à trois ans à venir, la majorité des CHU utiliseraient les GS1. Près de deux ans et demi plus tard, l'évolution ne s'est pas réalisée à la vitesse souhaitée, admet-elle auprès de TICsanté. Pourtant, les standards sont de plus en plus demandés par les hospitaliers. De fait, une clause spécifique de marquage des produits à codes barres figure de manière plus régulière dans les appels d’offres, fait-elle observer. Côté fournisseurs, ils sont également de plus en plus nombreux à aller dans ce sens, de peur de rater les marchés, mentionne-t-elle.
"Nous souhaitons aujourd’hui que l’ensemble des établissements de santé utilisent les standards GS1 afin d’assurer la traçabilité jusqu’au patient et d'éviter les erreurs", qui sont dans 25% des cas liées à la méconnaissance du produit. En assurant une traçabilité, ce pourcentage pourrait réellement chuter, reconnaît Valérie Marchand.
Toutefois, il persiste encore de nombreux freins à l’utilisation des GS1, note-t-elle. En effet, les SI doivent impérativement évoluer afin de pouvoir gérer un certain nombre de données et assurer la liaison entre les différentes fonctions et services de l’hôpital. "Les enjeux doivent être assimilés et les ressources mobilisées", déclare-t-elle.
En outre, il existe des freins "culturels" inhérents au monde hospitalier. Il s'avère "complexe" de convaincre non seulement la direction générale mais aussi les professionnels de santé des intérêts d'utiliser les GS1. Les hôpitaux sont d’une manière générale "lents" à réagir, en raison notamment des réglementations auxquels ils doivent faire face, explique la responsable.
Des travaux sont actuellement menés afin de définir des priorités. Le CHU de Dijon, qui utilise les GS1 en pilote depuis 2003, est l’établissement le plus avancé en la matière. En effet, la partie gestion des immobilisations est couverte, ce qui signifie que le contenu des armoires à livraison est parfaitement identifié et tracé, informe Valérie Marchand.
Au total, 17 CHU adhérents à la plateforme Auré@ (plateforme de transfert d'informations entre industriels et hospitaliers) travaillent avec les GS1, ainsi qu'une dizaine de CH, parmi lesquels ceux d’Aulnay-sous-Bois et de Pontoise.
Alors qu’en 2004, 33% des unités logistiques étaient équipées de codes barres, en 2008, 80% le sont devenues, selon une étude réalisée en interne. Pour Valérie Marchand, c’est une belle progression que l’on doit notamment à la Turquie, celle-ci ayant mis en garde les fournisseurs en déclarant: "si les produits de santé ne sont pas marqués d’un code barres avant octobre 2008, ils ne rentreront pas à l’hôpital". D'autres pays comme l'Espagne ont adopté la même position.
En France, les politiques ne sont pas "assez incisives" et n'incitent pas suffisamment à évoluer vers la notion de standards, estime Valérie Marchand. De fait, en termes de calendrier rien n’est encore fixé à ce jour. Seule l’Afssaps a émis récemment un avis demandant que d’ici janvier 2011, tous les médicaments soumis à l’AMM (autorisation de mise sur le marché) comportent, en plus des mentions légales actuelles, un code 2D Datamatrix contenant un certain nombre d’informations prédéfinies.
Valérie Marchand a, de son côté, annoncé que d’ici fin 2009-2010, différentes applications par rapport aux GS1 allaient être mises en place dans les CH et les CHU. Cependant, peu de contacts ont été noués entre GS1 France et les éditeurs de logiciels du secteur de la santé, regrette-t-elle, malgré un travail commun sur la mise en œuvre de standards. Des rencontres ont toutefois régulièrement lieu avec le Gmsih (Groupement pour la modernisation du système d'information hospitalier) et un accord de collaboration au niveau international avec IHE et HL7 a été signé en 2008, afin de rendre les systèmes interopérables.
Selon Valérie Marchand, près de 80% des dispositifs médicaux implantables sont des produits identifiés avec un code barres et un numéro de série, hormis les pansements, les bandages et les solutés.
"Les efforts doivent se poursuivre, dans le but d’améliorer la sécurité du patient grâce à une traçabilité fiable, permettant en outre aux établissements de réaliser des économies, en améliorant la gestion des stocks et la chaîne d’approvisionnement. La mise en place de standards GS1 répond donc à la volonté d’assurer la livraison du bon produit, au bon endroit, au bon moment avec le bon dosage et au bon patient", conclut-elle.

 
Pour plus d'informations cliquez ici