Université d'été 2021

La société de consommation telle qu’elle s’est construite ces 50 dernières années connait actuellement de profondes mutations. Ces mutations redessinent notamment les liens que nous avons avec les produits que nous fabriquons et que nous consommons. Ce sont ces changements de paradigmes que nous allons aborder à l’occasion de cette 16ème édition de l’Université d’été GS1 France.

Programme

DES PRODUITS ET DES HOMMES

Fait-on de la consommation l'outil de notre transformation ?

Nous sommes aujourd’hui au cœur d’un paradoxe  que nous avons engendré du fait de nos innovations et de nos productions. Ce paradoxe c’est celui d’être à la fois dans un monde de plus en plus virtuel, ouvrant sur un champ du possible apparemment illimité, et de plus en plus limité parce que restant inscrit dans un monde de matière et d’énergie.

Ainsi sommes-nous interrogés sur nos possibilités de croissance, mais aussi sur les limites de nos libertés et de nos responsabilités. Sortir du paradoxe oblige à muter. Ce sont les prémisses de cette mutation que nous voudrions évoquer à l'occasion de la 16ème édition de notre Université d'été. Une mutation qui redessine notamment les liens que nous avons avec les produits que nous fabriquons et que nous consommons. Nous passons actuellement d’une logique verticale à une logique de l’échange et du réseau, de la propriété à l’usage, de l’obsolescence à celle de l’espérance de vie et enfin d’une logique du jetable à celle du réparable.

C’est cette évolution qui ouvre le champ de nos possibles. C’est elle en particulier qui nous fait sortir de la société de consommation telle qu’elle s’est construite ces 50 dernières années. Le monde du fabriquer-consommer, produire-détruire n’est bientôt plus et se redessine désormais la notion même de produit.

N'est-ce pas pour mieux en maîtriser cette réalité que nous multiplions les recours aux outils numériques, seuls susceptibles de décomposer et recomposer ces cycles de vie complexes aux multiples interactions ? Et n’y a-t-il pas, au cœur de ces enjeux, qu’ils soient de l’usage du digital ou de la refonte des chaînes de valeur, la nécessité de penser une responsabilité et un travail collectifs ?


Programme :


Les débats seront animés par François Deprey, Président exécutif de GS1 France.

  • Introduction. Intervention de Philippe Lemoine, Président du Forum Actions Modernités, de la Fing (Fondation internet nouvelle génération) et Co-président du Conseil de Surveillance de GS1 France 


  • Le bien est dans les liens

On assimile trop souvent la consommation à des questions d'achat, de possession et d'expression identitaire. Ce faisant, on la réduit à des logiques de catégorisation qui nous confrontent à un monde fondamentalement discontinu : discontinuité de notre relation aux objets (qui est étymologiquement celui qui nous résiste), discontinuité de notre rapport à autrui du fait de logiques compétitives, discontinuité de la biographie des objets dans une société du tout jetable. C'est oublier qu'à mesure que la sphère du consommable s'étend à l'ensemble des activités de la vie sociale et personnelle, la consommation renvoie en fait aux liens (petits et grands) que nous entretenons à l'égard des objets, d'autrui, et de nous mêmes. L'objectif de cette intervention est de montrer que la société de l'usage nous expose à une fluidité de nos relations et qu'il faut saisir cette occasion qui nous est offerte de retisser des liens émotionnels et symboliques et de nouvelles médiations avec les objets, les humains et les organisations qui nous environnent.

Intervention de Benoit Heilbrunn, Docteur en sciences du management, Professeur de marketing à l'ESCP Europe


  • Vous avez dit identité ?

Le mot « identité » est devenu omniprésent dans les débats de société et les usages courants. Or il est rarement défini. Cette inflation du terme contraste avec ce qu’il en a été par le passé. Pourquoi a-t-on commencé à parler d’identité à un moment précis de l’histoire ? La réponse à cette question permet de comprendre qu’au-delà du flou entourant la notion, des définitions contradictoires sont à l’œuvre, opposant essentialisme identitaire et processus subjectif d’innovation. Comment identifier de manière efficiente sans enfermer dans un carcan interdisant les évolutions ? La façon dont les personnes fabriquent quotidiennement leur identité est très riche d’enseignements, y compris pour les produits et les marques.

Intervention de Jean-Claude Kaufmann, Sociologue, Directeur de recherche honoraire au CNRS, auteur du livre 'L'invention de soi, une théorie de l'identité' Ed. Armand Colin.


  • Comment l'environnement peut-il influencer nos gènes et notre identité ?

Intervention du Pr. Jonathan Weitzman, Professeur de génétique et d'épigénétique, Université de Paris


  • Table ronde : en quoi le produit est-il devenu un alibi ?

Notre économie et nos modes de pensée, même si fondés sur des logiques propriétaires,  doivent aujourd’hui s’ouvrir à de nouveaux modèles. Ces modèles sont poussés par la prise de conscience de la limitation des ressources mais aussi par des opportunités technologiques inédites.
Il est largement ancré dans nos esprits que consommation est synonyme d’achat. Un paradigme doublé d’une volonté naturelle d’avoir « plus pour moins cher », ce qui nous éloigne de tout effort de sobriété.
Mais, au fond, achète-t-on vraiment un lave-vaisselle pour posséder un cube de plastique et d’électronique de 1 mètre de côté, ou pour avoir « de la vaisselle propre », c’est-à-dire pour le service qu’il apporte. Qu’attend-on de la marque qui nous rend ce service ? A-t-on vraiment besoin d’une marque si la copie est tout aussi performante ? En tant que consommateur de ce service, que suis-je en droit d’attendre du vendeur, du fabricant, du distributeur, de l’assureur ?... De la performance, de la durabilité, moins d’impact,… ?
A quel point l’économie des services, de la fonctionnalité, ou de l’usage, aidée par une distribution atomisée, automatisée et numérisée peut-elle progressivement recomposer le paysage de notre consommation ? Comment les acteurs (et notamment les marques), dont le contrat se limitait à la cession d’un produit et qui maîtrisaient leurs réseaux de distribution, doivent aujourd’hui adresser ces nouveaux paradigmes ?

Table ronde animée par François Deprey, avec les interventions de :

  1. Laura Barnac, e-Retail International Director, Moët Hennessy 
  2. Hélène Baudat, Directrice de la marque, Matmut  
  3. Samuel Kenzari, ingénieur de recherche au CNRS, chercheur à l'Institut Jean Lamour, spécialiste de l'impression 4D
  4. Alexandre Solacolu Troian, Président de Hoali
  5. Luc Teerlinck, Innovation - Business Model Transformation, Decathlon
  • Grand Témoin :

Point de vue et réflexions d'une personnalité sur le sujet et sa vision pour l'avenir. "Apporter quelque chose aux gens plutôt que faire du design" : intervention exceptionnelle de matali crasset, designer française de renommée internationale.


Ils sont sponsors de l’événement 

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