Interopérabilité, une nécessité vitale mais un chemin encore semé d’embûches

Le secteur s'est trop souvent concentré sur les problèmes et trop peu sur les solutions. 

Interopérabilité transport


Une quête d’optimisation continue

Des solutions digitales existent pour permettre aux entreprises du transport et de la logistique (T&L) de gérer et d’optimiser leur travail au quotidien. Leur nombre ne cesse d’augmenter sans pour autant que ces dernières ne communiquent facilement et efficacement entre elles. Cela ne fait qu’accentuer l’effet silo synonyme de manque de productivité ! Là est tout l’enjeu.

Comme indiqué dans nos précédents articles, plusieurs obstacles restent à surmonter (fragmentation des solutions, différents systèmes informatiques utilisés, inexistence de réglementation européenne, etc.) pour mettre pleinement en œuvre le transport électronique et l'échange numérique d'informations dans le secteur du T&L. La plupart de ces écueils ont été discutés pendant de nombreuses années, mais restent non résolus.

Une illustration intéressante est la signature de documents comme preuve d’identité et de validation. Depuis des décennies, une signature manuscrite, de tout employé d'une entreprise suffit à fournir une preuve d'identité et de validation, avec le risque de perdre les papiers. Dans de nombreux cas, cependant, le transfert de données à une autre partie se fait encore sur papier et doit être retapé (manuellement, avec un risque d'erreur) pour le transformer à nouveau en données électroniques dans le système d’information du réceptionnaire.

La signature électronique, une solution encore peu utilisée

Alors que le digital permet aujourd’hui de faciliter et sécuriser ce processus en digitalisant la signature, cela n’est pas la pratique du secteur. Pourtant la signature électronique est juridiquement autorisée et encouragée par la législation européenne e-IDAS. Des technologies éprouvées comme le sign-on-glass ont déjà fourni des solutions pour les signatures de documents de transport électroniques, mais ne sont pas considérées comme des signatures électroniques au sens du règlement e-IDAS.

Dans le domaine « Administration to Administration » (A2A) et « Business to Administration » (B2A), par exemple, les déclarations en douane se font quasi systématiquement par voie électronique. Le nouveau Code des Douanes de l'Union (CDU) de 2016 va encore plus loin en instaurant l'article 6 : "Tous les échanges d'informations, tels que les déclarations, les demandes ou les décisions, entre les autorités douanières et entre les opérateurs économiques et les autorités douanières, ainsi que le stockage de ces informations, tel qu'il est requis par la législation douanière, sont effectués à l'aide de techniques électroniques de traitement des données".

De nombreuses solutions existent déjà pour l'échange de données B2B et B2A, en particulier grâce à l’EDI. Mais le remplacement complet de ces solutions serait très coûteux et lourd pour les secteurs public et privé. Pour faire évoluer les pratiques, GS1 France, organisation neutre et à but non lucratif, dont l’objet principal est la structuration des données permettant d’établir un langage commun, réunit régulièrement l’ensemble des acteurs pour se concentrer avec les acteurs eux-mêmes, sur la manière de lever les ambiguïtés et rendre ces solutions B2A et B2B existantes plus interopérables de manière simple et à un moindre coût pour les entreprises.

De plus, afin d'accélérer l'acceptation et la mise en œuvre des documents de transport électroniques, il importe de se recentrer sur les solutions (déjà existantes) plutôt que sur les problèmes nouveaux ou non pertinents.  Il faut réutiliser ce qui fonctionne déjà tout en s’assurant que ces solutions puissent communiquer efficacement entre-elles, en d’autres termes être interopérables. C’est vous qui décidez des travaux à mener et des priorités de manière concertée.

Après avoir introduit l’informatique dans les véhicules et les camions, l’amorçage de la révolution digitale est une nécessité vitale. Elle doit venir du secteur, pour le secteur !